« Presque tout ce qui arrive et tout ce qui existe est signifiant et peut dire quelque chose au spectateur de demain. C’est notre travail de faire les photographies, laissons au futur le soin de les regarder », déclarait Berenice Abbott en 1935. L’invention du style documentaire est indissociable de cette fiction d’un regard rétrospectif. Celui-ci vient répondre à un problème de taille : si « presque tout est signifiant », comment déterminer ce qui l’est singulièrement ? Le documentaire est un art du discernement. Dans « Rites, us et coutumes d’Amérique », Diane Arbus a identifié des occurrences privilégiées, ce qu’elle dénomme des « cérémonies », qui mettent en jeu ce que « faire regarder » veut dire. On pense au Baudelaire du Peintre de la vie moderne : la « traduction légendaire de la vie extérieure ».
Pierre-Lin Renié est photographe. Le texte d’Arbus qu’il commente ici a pour lui une valeur d’usage. C’est depuis celle-ci qu’il en propose la lecture qui suit.
En 1962, la photographe états-unienne Diane Arbus sollicite une bourse de la fondation Guggenheim pour financer un projet documentaire intitulé « Rites, us et coutumes d’Amérique ». Elle rédige à cette fin quelques notes d’une page à peine qui cristallisent la teneur de son projet photographique et, au-delà, de son étrange manière de faire. L’aplomb de Diane Arbus pour portraiturer les États-Unis est chose connue : il est perceptible à même ses photographies ; mais il est également tangible dans ce document, tout à la fois résolu et désinvolte. Cette qualité singulière nous a donné l’envie de demander à Gauthier Herrmann de le traduire, et à Pierre-Lin Renié, qui nous a fait connaître ce texte, d’en proposer un commentaire personnel.
« Comme une grand-mère fait des confitures »
Observations à partir de la Note d’intention pour un projet photographique de Diane Arbus
C’est une simple feuille de papier de format standard, dactylographiée au recto seul. La photographe Diane Arbus (1923–1971) compose ce court texte fin 1962, alors qu’elle est encore peu connue et qu’un tournant décisif s’amorce dans sa pratique.
Diane Arbus, « Note d’intention pour un projet photographique. Rites, us et coutumes d’Amérique », 1962.Ce sont plus que des notes de travail, mais ces quelques lignes ne sont pas destinées à être publiées. Il s’agit d’un document administratif, une « Note d’intention pour un projet photographique », accompagnant une demande de bourse à la fondation Guggenheim – bourse qu’elle obtiendra quelques mois plus tard. Il ne paraît qu’en 2003, dans Diane Arbus. Revelations, le catalogue de la vaste rétrospective itinérante de l’œuvre de la photographeDiane Arbus, « Plan for a Photographic Project. American Rites, Manners and Customs », in Diane Arbus. Revelations, New York, Random House, 2003, p. 41.. Je le découvre à ce moment-là, et sa lecture me bouleverse, si éloigné que soit le travail d’Arbus du mien. Plusieurs des idées qu’elle y formule, alliées à une grande liberté de ton, toujours très enviable, me touchent particulièrement. À chacune de mes relectures, sa puissance ne s’épuise ni ne s’amenuise. Il m’arrive de le partager aux étudiantes et étudiants que j’accompagne à l’École des beaux-arts de Bordeaux, et je perçois souvent à quel point ces mots peuvent les rejoindre, par-delà les générations et les contextes culturels.
Je ne me lancerai pas ici dans une analyse de l’œuvre d’Arbus, fulgurante et complexeBeaucoup de clichés réducteurs ont été écrits et répandus sur Arbus (« la photographe des marges », etc.). Son œuvre a très tôt fait l’objet de controverses et de critiques frontales, la plus célèbre étant celle de Susan Sontag (« L’Amérique à travers le miroir obscur des photographes », 1973–77, Sur la photographie, UGE, 10/18, 1983, p. 43–67). Pour une vue d’ensemble, on consultera le catalogue Diane Arbus. Revelations (op. cit. note 1), ainsi que la monographie Diane Arbus (Aperture, 1972), très vite traduite en français (Le Chêne, 1973), les deux versions étant régulièrement rééditées depuis., ni dans une tentative d’élucidation de certains termes qu’elle emploie dans cette note d’intention, comme celui de « cérémonie », ou le sous-titre, « Rites, us et coutumes d’Amérique ». L’actualité de ce texte m’intéresse davantage, en particulier dans sa façon de poser une forme spécifique de rapport au présent. À la première lecture, il paraît se réduire à l’énumération des sujets qu’elle souhaiterait photographier – situations, scènes, pratiques et lieux. Elle forme le deuxième paragraphe, le plus long. Ses différents éléments sont articulés a minima, ou plutôt juxtaposés, sans prendre la peine de tenter de faire croire qu’il s’agirait d’autre chose qu’une liste un peu rêveuse : « Il y a (…). Et puis, il y a (…). Ou, par exemple (…). Et peut-être aussi (…). ». À la fois ouverte et précise, elle se clôt en une magnifique et inattendue conclusion : « Le etcetera ».
Depuis plus de vingt ans, je me demande si ce singulier « Projet » pourrait être recevable aujourd’hui par l’une de ces instances qui réclament que les artistes produisent avant toute chose des « projets ». Cette « culture du projet » a envahi le champ des arts visuels depuis plusieurs décennies déjàTout comme beaucoup d’autres secteurs d’activité. Voir à ce sujet Amaena Guéniot, La Société des projets, CNRS éditions, 2025.. Construire des dossiers de demandes de subventions, répondre à des appels à candidatures, à résidence, et bien sûr à projets, occupe une grande partie du temps d’artistes dont l’économie, souvent précaire, nécessite des soutiens, ou dont la production dépend de fait de structures extérieures. Produire de tels dossiers est un travail en soi, mobilisant beaucoup de temps et d’énergie, souvent dépensés en vain – auquel cas il faut recommencer, ailleurs, en se présentant à un autre guichet. Cela réclame un grand savoir-faire, mettant en œuvre plusieurs talents, bien au-delà de la seule écriture. Il faudrait être ni trop long, ni trop court, suffisamment catchy ou sexy, en utilisant avec discernement quelques-uns des mots-clefs en vigueur (attention aux terribles fashion faux-pas), en cochant un minimum de cases du moment, tout en affirmant évidemment une singularité – figures imposées dignes de la danse sur glace, enchaînées avec brio, conviction et originalité, si possible. Un joli spectacle à destination des « décideurs ».
De façon moins ironique et plus essentielle, cela présuppose que les artistes sachent ce qu’ils vont faire avant même de le faire, en bons exécutants académiques. Mais à quoi bon, alors ? Je n’ai jamais su à l’avance ce que j’allais faire, au-delà de quelques intuitions plus ou moins claires. Elles doivent ensuite s’éprouver dans la pratique, afin de les vérifier, de les poursuivre, de les développer, de les infléchir ou de les abandonner. Faire de mon travail d’artiste une fiction d’anticipation n’entre pas dans mes désirs et dépasse mes compétences, de même que cela excède mon goût pour la comédie. Je n’y crois pas, tout simplement, sans pour autant en faire une règle absolue, car je ne doute pas que des contre-exemples productifs puissent exister.
Validée en 1963 puisqu’elle lui vaut une importante bourse de la fondation GuggenheimL’obtention de cette bourse considérable, d’un montant de 5 000 dollars (équivalant aujourd’hui à environ 53 000 dollars), lui est notifiée en avril 1963. Son dossier de candidature comporte bien sûr d’autres éléments décisifs : un portfolio de ses photographies, et d’importantes lettres de recommandation. Arbus a soigneusement préparé sa candidature, mais elle craint que le projet en lui-même soit pauvre ou hors-sujet, « car je ne suis jamais allée à l’université, ni n’ai gagné un prix, ni été en poste dans une organisation, ni été membre d’une société savante ou artistique », écrit-elle à Walker Evans en octobre 1962 (« because I never went to college or won an award or had a position with an organization or joined a learned or artistic society », cité dans Diane Arbus. Revelations, op. cit. note 1, p. 163)., la liste quelque peu flottante et faussement désinvolte d’Arbus ne répond guère aux critères actuels de l’exercice. Ses juxtapositions brutales, son apparence disparate, son glorieux final – « le etcetera », détaché comme une catégorie à part entière, légitime et pertinente –, entraînent l’ensemble vers une forme qui pourrait être vue aujourd’hui comme parodique. Mais ce Projet reste pour autant fondé sur une idée et un désir puissants, porté par une grande détermination. Plus de soixante ans après, il résonne comme un joyeux pied de nez à la culture actuelle du « projet artistique ». Il encourage aussi à la liberté et à l’invention d’alternatives, afin de sortir de logiques de conformité dans lesquelles les artistes se sentent parfois contraints de s’enfermer.
Si cette liste programmatique focalise l’attention, le premier paragraphe m’importe davantage encore. Avec concision et précision, il énonce en trois phrases la volonté d’accomplir une œuvre d’envergure et de grande ambition, qui jaillirait du présent :
« Je veux photographier les cérémonies importantes de notre temps, car nous tendons à ne percevoir de lui dans notre vie ici et maintenant, que ce qu’il a de chaotique, de stérile et d’informe. Alors que nous regrettons que le présent ne soit pas comme le passé et que nous nous désespérons d’un futur en perpétuel devenir, ses innombrables et insondables habitudes demeurent en attente de livrer leur sens. Je veux les collecter, comme une grand-mère fait des confitures, car elles auront été tellement belles. »
Le constat est limpide et abrupt : le présent, nous n’y comprenons rien. Il résiste. Insaisissable, il se dérobe sans cesse. Paraissant « chaotique », « stérile » et « informe », il porte en lui la tentation de la nostalgie du passé, et ne dit rien d’un hypothétique futur. Malgré tout, de loin en loin, nous pouvons y discerner quelques lueurs. Il nous appartient alors de « collecter » ce qui retient notre attention, nous touche, nous frappe, ou nous porte à réfléchir. Si l’on ne comprend pas aujourd’hui, on comprendra plus tard, ou d’autres comprendrons plus tard. Pour autant, ce n’est pas une question de témoignage : un témoin sait de quoi il témoigne, parfois à grand bruit, attirant davantage l’attention sur sa personne que sur ce dont il témoigne. Arbus assume qu’elle ne sait rien, en dehors d’une beauté singulière qui la saisit Pour Arbus, cette singularité mène vers l’universel. Elle affirme : « Une photographie doit être spécifique. (…) Ce fut mon professeur Lisette Model qui m’a finalement fait comprendre que plus on est précis, plus on devient général. C’est une vérité qu’il faut regarder en face. Et il y a certaines évasions, certaines pudeurs dont je pense qu’il faut se débarrasser. » (cité dans Diane Arbus, op. cit. note 2, 1973, réédition Nathan, 1990, p. 8). Et c’est à partir de cette pauvreté toute empathique qu’elle photographie, adoptant la position modeste et anti-héroïque de la « grand-mère » faisant « des confitures ». Les petits-enfants seront heureux de les trouver et de les manger – plus tard.
Arbus travaille à partir de sa propre expérience, « dans [sa] vie ici et maintenant ». Il n’y a pas d’échappatoire ; il ne faut pas fuir, mais se confronter au monde extérieur. Ces deux terribles mots, « ici et maintenant », marquent les limites de notre condition humaine. Il est souvent difficile de les aimer. Il est tentant de vouloir s’en affranchir temporairement, par quantité de moyens à notre disposition. Les mondes numériques jouent aujourd’hui un tel rôle, mais pour moi, au-delà du divertissement, la tentative tourne court – simplement car elle est mensongère. Si ces technologies permettent une forme parallèle d’expérience du monde, ayant sa propre valeur, elles nous bercent de l’illusion d’être ailleurs et à un autre moment que là où nous sommes physiquement. Sur l’écran, je parcours les rues de telle ville, dont les images ont été enregistrées hier, ou il y a trois ans, cinq ans, dix ans. Son et image inclus, je converse avec mes proches et mes relations de travail n’importe où, à n’importe quel moment. En plein hiver, par un début d’après-midi pluvieux, chez moi, je discute avec un étudiant en séjour au Vietnam ; sur l’image qui me parvient en direct, c’est l’été, et il fait nuit. Par des webcams, je pénètre dans l’intimité de personnes s’auto-filmant dans leur sommeil, en un quelconque point du globe, à la recherche d’hypothétiques revenus que leur procurerait cette diffusion, pour peu que l’on interagisse à distance avec leurs corps endormis, en perturbant leur sommeilMerci à Victor Chavot de m’avoir signalé cette pratique des sleep streams, un des éléments à partir duquel il a produit une remarquable installation vidéo, Économiseur d’écran (2025).. La plateforme qui héberge ce show minimum encaisse sa dime au passage, d’une façon ou d’une autre, car le capitalisme veilleVoir à ce sujet Jonathan Crary, 24/7. Le capitalisme à l’assaut du sommeil, La Découverte Poche, 2016 (24/7. Late Capitalism and the Ends of Sleep, Verso Books, 2013).. S’affranchir des limites de la condition humaine lui fait entrevoir la perspective de profits toujours plus grands, excitant son incessant appétit.
En 1928, Paul Valéry écrit un court texte visionnaire, La Conquête de l’ubiquité, à propos des bouleversements qu’induisent l’enregistrement sonore et la diffusion radiophonique dans notre rapport à la musique. Soudain, comme un fruit mûr, elle s’est détachée de l’instrument qui la produit, gagnant la capacité d’exister à d’autres endroits et à d’autres moments. « Ni la matière, ni l’espace, ni le temps ne sont depuis vingt ans ce qu’ils étaient depuis toujours », constate ValéryPaul Valéry, « La Conquête de l’ubiquité » (1928), Œuvres, tome 2, Pièces sur l’art, NRF, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1960, p. 1283–1287. En ligne : classiques.uqam.ca/classiques/Valery_paul/conquete_ubiguite/valery_conquete_ubiquite.pdf. Ce texte anticipe le célèbre essai de Walter Benjamin, L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (1935). Benjamin prend soin d’y faire figurer en exergue une citation du texte de Valéry.. En près d’un siècle, tout s’est accéléré vertigineusement. La tempête du progrès, dans laquelle est pris l’Ange de l’HistoireWalter Benjamin, « Sur le concept d’histoire » (1940), partie IX, Œuvres III, Gallimard, Folio essais, 2000, p. 434., s’est muée en cyclone. Pour autant, l’ici et maintenant, dont on a peut-être cru naïvement pouvoir se débarrasser à bon compte, avec la bénédiction du capital, frappe cruellement à nos portes ces derniers temps – de plus en plus fort, de plus en plus souvent.
Ne pas fuir, donc, mais ne pas rester non plus tétanisé, comme le proverbial lapin pris dans les phares de la voiture, lancée à toute vitesse. Arbus nous montre la façon dont le présent, en attente de signification, compte pour plus tard. Cela suppose déjà d’espérer que ce plus tard advienne, ici ou ailleurs, avec ou sans nous. Même en travaillant à partir du présent, les artistes ne travaillent pas toujours pour le présent, ou du moins, pas uniquement pour le présent. Arbus en a une conscience aiguë, et la grande ambition de son œuvre réside aussi dans l’affirmation de cette conscience-là.
Il est un autre texte que je relis souvent depuis que je l’ai découvert il y a un peu plus d’un an, au hasard des tables d’une librairie. Stefan Zweig écrit « Les pêcheurs du bord de Seine » en 1941, au milieu du chaos et de la tragédie de la Deuxième Guerre mondialeStefan Zweig, « Les pêcheurs du bord de Seine », Mondes nouveaux, Payot, Rivages Poche, 2020, p. 59–68. La première publication a lieu en février 1941, dans le mensuel américain Harpers Magazin.. Son point de départ est une anecdote qui l’a marqué au cours de sa jeunesse : dans un livre d’histoire de la Révolution française, il était raconté que, le jour de l’exécution de Louis XVI à Paris, « à quelques pas seulement de la place de la Concorde et de la guillotine, se trouvait sur les rives de la Seine tout un groupe d’hommes qui pêchaient, durant cette heure inoubliable au regard de l’Histoire, avec autant d’insouciance qu’en n’importe quel autre jourIbid., p. 60. ». À partir d’autres exemples pris cette fois dans l’histoire récente, Zweig élabore ensuite sur notre propension à l’usure, nos capacités limitées à la compassion, notre « petit cœur étroit qui ne peut renfermer qu’une certaine dose de malheur ». Mais il conclut en se laissant surprendre par ces figures que l’on pourrait être portés à juger sévèrement :
« Peut-être avaient-ils aussi perçu d’une part à quel point, en simples anonymes, ils n’avaient ni poids ni pouvoir au sein de leur époque historique, et d’autre part que la meilleure façon d’être au service de leur époque pouvait être, plutôt que d’observer en vain des événements politiques dont ils ne pouvaient déchiffrer le sens, de se concentrer sur leur travail et sur leurs activités quotidiennes silencieuses, personnelles et discrètesIbid., p. 68. Arbus souligne également cette incapacité à « déchiffrer le sens » du présent.. »
Il s’agit donc de trouver la juste distance, permettant d’échapper tant à la fuite qu’à l’écrasement. Cette indifférence apparente devient alors une façon d’habiter un monde inhospitalier, de perpétuer la vie au milieu des ruines, et de contribuer à la possibilité d’un avenir meilleur. Faire des confitures, en quelque sorte.
Note d’intention pour un projet photographique
« Rites, us et coutumes d’Amérique »
Je veux photographier les cérémonies importantes de notre temps, car nous tendons à ne percevoir de lui dans notre vie ici et maintenant, que ce qu’il a de chaotique, de stérile et d’informe. Alors que nous regrettons que le présent ne soit pas comme le passé et que nous nous désespérons d’un futur en perpétuel devenir
Diane Arbus, « Note d’intention pour un projet photographique. Rites, us et coutumes d’Amérique », 1962., ses innombrables et insondables habitudes demeurent en attente de livrer leur sens. Je veux les collecter, comme une grand-mère fait des confitures, car elles auront été tellement belles.
Il y a les Cérémonies de Célébration (les Concours de beauté, les Festivals, les Fêtes, les Foires) et les Cérémonies de Compétition (Tournois, Jeux, Sports), les Cérémonies pour Acheter et Vendre, pour Jouer de l’Argent, les Cérémonies de la Loi et celles du Spectacle ; les Cérémonies de la Célébrité où les Gagnants Gagnent et les Chanceux sont Choisis ou les Cérémonies Familiales, les Rassemblements (les Écoles, les Clubs, les Meetings). Et puis, il y a les Lieux de Cérémonies (le Salon de Beauté, le Salon Funéraire, ou simplement le Salon) et les Costumes de Cérémonies (ce que portent les Serveuses ou les Lutteurs), les Cérémonies des Riches, comme les Concours Canins, et celles de la Classe Moyenne, comme les Parties de Bridge. Ou, par exemple : le Cours de Danse, la Remise de Diplômes, la Soirée Honorifique, la Séance de spiritisme, le Gymnase et le Pique-nique. Et peut-être aussi la Salle d’Attente, l’Usine, le Carnaval, la Répétition, l’Initiation, le Lobby d’Hôtel et la Fête d’Anniversaire. Le etcetera.
J’écrirai bien sûr ce qu’il faut pour décrire et expliciter davantage ces Rites et j’irai là où il faut pour les trouver.
Ils sont nos symptômes et nos monuments. Je veux simplement les sauvegarder, car ce qui est cérémonieux et curieux et banal sera un jour légendaire.
(Traduction de Gauthier Herrmann)